Bonne année 2013

Toute l’équipe Espaldea.com vous souhaite une excellente année 2013.

Que tous nos voeux de santé, de bonheur et de réussite vous accompagnent pour cette nouvelle année. Et puis, entre nous, maintenant que la fin du monde s’est bien passée, 2013 ne peut être qu’un excellent cru !

Bonne année 2013

Histoire de l’espadrille de Mauléon : l’âge d’or (1900-1918)

Après le stade pré-industriel de l’espadrille (1850-1880), une nouvelle ère s’ouvre, l’ère du machinisme qui sera véritablement l’âge d’or de l’espadrille. Les techniques de couture évoluent. L’espadrille est un produit monolithique. Donc on a adapté les machines à fabriquer les chaussures pour faire l’espadrille. On utilise la couture « Blake ». Monsieur Blake était un anglais qui inventa une machine à points de chaînette, à fil vertical. Un seul fil cousait  tout le tour de la semelle. C’est l’une des premières machines qui a permis l’industrialisation.

Les industriels s’équipent de machines modernes, mais on conserve aussi le travail manuel. M.Cherbero emploie, en 1914, 800 à 1000 personnes (400 travaillent à domicile, 400 à l’usine). On compte 100 piqueuses, 80 monteuses. C’est l’une des plus grandes usines de France dont le chiffre d’affaires s’élève à un milliard de francs or. Vers 1900, une quarantaine d’entreprises se répartissent dans les Basses-Pyrénées. Une trentaine subsistent en 1913. Des tresseries se créent à Puyoo, Viodos, Arudy, Oloron, Nay. Les établissements Béguerie ouvrent des filatures en 1910.

Six entreprises très importantes se développent à Mauléon : Béguerie, Bidegain, Carçabal, Bardos, Barraqué et bien sûr Cherbero. La main d’oeuvre passe de 537 personnes en 1986 à 1585 personnes en 1914.

Atelier de monteuses chez Cherbero

Il est bien évident que la population mauléonnaise ne suffit pas à cette explosion industrielle, d’autant plus que les ruraux ont boudé l’industrie de la sandale. On va donc faire appel à l’Espagne pour la main d’oeuvre.

L’immigration espagnole

Au début, dans les années 1875, il ne s’agissait que d’une main d’oeuvre saisonnière. En octobre, Aragonais et Roncalais se mettaient en route par groupes de 15 à 20 personnes. Ils constituaient ainsi des troupes joyeuses, bigarrées car les femmes étaient vêtues du costume traditionnel. Ils passaient par le port d’Ourdayte. Le retour au pays s’effectuait vers avril, mai. Les jeunes filles aragonaises et navarraises avaient entre seize et vingt ans. Elles achetaient à Mauléon le linge pour leur trousseau.

Les premiers couples espagnols seraient arrivés en 1831. Ils étaient originaires des villages de Fago et de Salvatierra. La progression fut très rapide. En 1891, les immigrés constituaient 21% de la population, en 1911 31%. On travaillait alors de 15 à 16 heures par jour. Les mariages mixtes furent rares jusqu’en 1911. Les immigrés se fixèrent peu à peu et constituèrent une minorité compacte dans la ville. Citons quelques noms : M.Blanzaco, arrivé en 1870, dont le grand-père travaillait chez Béguerie à l’âge de 13 ans, les Palacio, les Gil.

Pendant la première mondiale, les Espagnols continuèrent à venir travailler à Mauléon. Il fallait aller les chercher à Roncal, Isaba et Ustarroz.

La première guerre mondiale n’a pas enrayé la progression économique de Mauléon. La capital sandalier est un capital financier consistant davantage en d’importantes liquidités, en crédits avancés par les grossistes et les fournisseurs. De là, peut-être, viendront les premières difficultés. Ce capital sera sensible aux dévaluations monétaires après la guerre et les premiers symptômes de la crise apparaîtront.

 

Espaldea membre du Jury au salon E-commerce de Toulouse

Espaldea et son fondateur Christophe Aran ont le plaisir d’avoir d’été choisis pour participer au jury du 9ème DEVCOM MIDI PYRÉNÉES le 29 novembre prochain à Toulouse.

Challenge Ecommerce

L’objectif est d’identifier et de récompenser les meilleurs outils, cas réels ou innovations permettant aux entreprises de développer leurs ventes, leur fidélisation et leur communication.

Plus d’infos : http://www.devcom-midipyrenees.com/jurys/357/challenge-e-commerce.html

« Impossible de trouver une main-d’oeuvre landaise pour coudre à la main ! »

Petit atelier situé dans les Landes à ses origines, la marque Pare Gabia (« sans pareille » en langue basque) fait son apparition en 1950. Forte de sa créativité et de son savoir-faire, elle s’est hissée au rang de n°1 du marché avec 1,85 million d’euros de chiffre d’affaires prévu en 2012. Depuis l’année dernière, elle a rejoint le groupe Royer (marques Kickers, Converse, Ked’s…), leader de l’importation/distribution de chaussures en France avec 310 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Voici l’interview de Jacques Royer, président du Groupe Royer:

Quels sont les critères essentiels à la confection des «vraies» espadrilles ?Pare Gabia France
Il y a plusieurs modes de fabrication et différentes pratiques. Nos espadrilles sont fabriquées à partir de semelles de jute, tressées, qui n’ont ni pied droit ni pied gauche. Le procédé de fabrication et le produit final n’ont pas changé depuis les débuts de Pare Gabia en 1935. Aujourd’hui, la semelle peut être vulcanisée ou pas, c’est-à-dire complétée par une semelle de caoutchouc naturel entre la semelle et le sol. La tige, le dessus de l’espadrille, est fabriquée à partir de petite laize, une toile de 15 cm de large confectionnée uniquement pour faire les espadrilles, ce qui évite le bordage. Le fil est d’abord teinté dans nos coloris exclusifs puis tissé. Dans ce même bain est teinté le fil coton qui sert à la couture main pour l’assemblage du dessus et de la semelle de corde. Chez nous, l’espadrille traditionnelle est cousue à la main et on ajoute un nez sur le devant. Sans prétention, c’est vraiment ce qui se fait de mieux ! Avec une couture machine, si le fil se rompt, l’espadrille se découd…

Pourquoi fabriquez-vous vos espadrilles en Tunisie ?
Il faut savoir que nous vendons plusieurs milliers de modèles traditionnels par an. Malheureusement, nous avons été très vite confrontés, en raison de nos quantités, à la difficulté de trouver une main-d’oeuvre qui sache et qui souhaite encore coudre à la main ici, dans les Landes.

Comment gérez-vous la saisonnalité du produit ?
Nous proposons aussi des chaussures de ville avec des talons en corde. En ce moment, nous sommes sur des modèles compensés assez hauts avec du liberty ou des coloris à la mode : tous les roses jusqu’au fluo, des verts forts et lumineux, des bleus.
Nous avons développé une collection hiver de chaussures en cuir qui remporte depuis quelques saisons un succès assez intéressant. Nous essayons de devenir une marque de chaussures et d’accessoires à part entière. Et nous travaillons beaucoup sur l’export vers le Japon et l’Italie essentiellement, formidable relais
de croissance, qui représente 15% de nos ventes.

Quelles sont vos armes face à la concurrence étrangère ?
Nous avons su conserver notre savoir-faire depuis toutes ces années. Nous essayons d’être toujours plus créatifs, de repousser les limites de la corde et d’être cohérents par rapport à nos origines. Pour 2013, sans trop en dévoiler, nous allons confirmer notre retour aux sources, à l’authentique, avec de nouveaux coloris
et un style plus audacieux, toujours en nous appuyant sur nos fondamentaux.

Histoire de l’espadrille de Mauléon : le stade pré-industriel (1850-1880)

A partir de 1850, apparaît à Mauléon le fabricant de sandale ou espadrille. En fait, ce n’est pas lui qui fabrique, mais il organise et distribue le travail à domicile. Le fabricant achète la toile, la corde, les filées de jute. Observons un peu la provenance des matières premières. On abandonne peu à peu le sparte et on utilise le jute qui était produit au début du siècle dans les usines de filatures d’Ecosse. Il pousse au Pakistan oriental, aux Indes et en Thaïlande. Le jute était acheminé par le port de Bordeaux aux industriels de la région (Orthez, Nay). Cela aura pour conséquence la ruine de l’artisanat local de textile. La toile à espadrille, quant à elle, est l’héritière des tissages de linge basque (1650). Les Belges avaient créé ici cet artisanat à cause de la qualité de l’eau dont on se servait pour le « rouissage » du lin, de manière à rendre la fibre imputrescible. On tissait aussi le chanvre à la maison pour la constitution des trousseaux.

Revenons au rôle du fabricant: il a une activité commerciale. Il répartit les matières et paie aux pièces les ouvriers à domicile. Ces ouvriers s’appellent les façonniers: ils piquent, ils cousent et montent les espadrilles à la main. Ce travail n’occupe que des familles de manoeuvres très pauvres, sans terre. Femmes, enfants, vieillard travaillaient.

En 1850, on compte à Mauléon huit fabricants et autant dans les villages voisins. Pour exercer sa tâche, le fabricant avait besoin d’un hangar qui servait de dépôt de marchandises et d’une solide charette attelée de deux petits chevaux afin d’effectuer sa tournée auprès des ouvriers dispersés dans les villages environnants.

A mauléon, les Béguerie dominèrent et utilisèrent un système commercial hiérarchisé bien au point au XIXème siècle. Parmi ces fabricants, on trouve les noms de M.Salles Ainé, M. Dufour, M. Dalgalarondo. La sandale a donc favorisé l’apparition de nouveaux groupes socio-professionnels. Les fabricants sont assimilés à des commerçants mais ils ne vont pas en rester là! Ils seront à l’origine de la création d’une industrie greffée sur une société rurale qui connaîtra un essor subit et quasi-explosif. Le système de la fabrique sera une réussite et il va s’étendre et progresser.

L’extension du système de la fabrique

Il va bénéficier d’abord d’une démographie stabilisée, ensuite d’une population appauvrie par la conjoncture économique, et enfin l’émigration ne sera plus un fléau mais au contraire deviendra un avantage. En effet, en 1864, des commandes massives du Brésil et du Venezuela vont enrichir les fabricants. Le marché de la sandale s’élargit plus vite que la production. Vers 1868, les 4/5ème de la production sandalière s’écoulent vers la Plata où les Souletins ont des correspondants actifs. Les fabricants s’ouvrent des marchés au Brésil, en Uruguay, en République Argentine, par l’intermédiaire des cadets de famille qui ont émigré là-bas.

En 1876, la sandalerie représente 26% des activités non agricoles, mais il n’y a pas de symbiose entre le monde de la sandale et le monde agricole. Les besoins devinrent si grands que les fabricants s’unirent afin de relever les prix de l’espadrille. Un accord fut passé devant le notaire.

A partir de 1880, la sandalerie va connaître une période de grande prospérité. L’apparition de la machine Blake, les premiers moteurs à pétrole sont très vite remplacés par des moteurs électriques. Mauléon fut une des premières villes électrifiée en France. Certains fabricants construisirent des usines hydroélectriques sur le gave.

Le jute est filé mécaniquement grâce aux machines Hayet. Cependant, on continue à coudre les semelles à la main sur les fameux bancs de bois de forme trapézoïdale.

A côté de ces améliorations techniques, l’industrie sandalière va trouver de nouveaux marchés. L’usage de l’espadrille se répand. Dans le Nord de la France, les mines prospèrent et les effectifs doublent entre 1880 et 1900. Les mineurs utilisent parfois une paire d’espadrilles par semaine. Les modèles sont simples, uniformes, faciles à stocker. L’espadrille permettait de supporter la chaleur intense à l’intérieur des mines. Les problèmes commerciaux sont réduits au minimum. On vend de 300 à 400 000 paires.

1870 - La rue Victor Hugo à Mauléon

1870 – La rue Victor Hugo à Mauléon

On commence à élever les murs des usines et c’est le début de l’ère des pionniers, qui deviendront les grandes figures de Mauléon: Pascal Cherbero, Louis Béguerie, M. Carçabal, M. Laplace. L’âge d’or de l’espadrille arrive.

Énorme succès pour la fête de l’espadrille

Plus de 3000 personnes ont assisté à la fête de l’espadrille. Tous les ans, le public est de plus en plus nombreux. On se remet à croire que la filière peut redémarrer très fortement à Mauléon et on parle même de lancer une formation de sandalier.

Voici 2 articles où vous trouverez le bilan de cette belle journée du 15 août :

République des Pyrénées : http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2012/08/18/l-espadrille-a-la-grande-forme,1094542.php

Sud-Ouest : http://www.sudouest.fr/2012/08/17/l-espadrille-reine-de-la-fete-en-soule-796667-4273.php

Demain c’est la fête de l’espadrille à Mauléon

fête de l’espadrille à MauléonLe 15 août, la capitale souletine fête l’espadrille, son fleuron artisanal et industriel. L’espadrille est en effet intimement liée à la ville de Mauléon. Certes les asiatiques ont conquis le marché mais cela n’empêche pas certains fabricants du Pays Basque de leur exporter leur production haut de gamme et de leur prouver la pérennité d’un savoir-faire basque.

Ce dernier se traduit, chaque année, par une fête mettant à l’honneur cette chaussure. Place du fronton, les artisans dévoilent au public toute la technique employée pour réussir une belle espadrille. Les derniers modèles sont également à la disposition du consommateur, le tout dans une ambiance festive.

Programme du 15 août

10 h Messe.

11h30 partie de pelote à main nue et danses souletines.

12h30 apéritif offert par la mairie et animé par Xiberoko Zohardia.

15h30 spectacle de force basque avec Elgarrekin, danses basques.

17h grand chistera

Toute la journée : dégustation et vente de produits régionaux. Un atelier de fabrication sera reconstitué.

Renseignements : 05 59 28 18 67.

Participez au débat « Pour ou contre les espadrilles ? »

Nous tenons à vous informer qu’un débat a été lancé sur Newsring, le site de débat lancé par Frédéric Taddeï.

Amis supporters de l’espadrille, n’hésitez pas à partager votre point de vue.

Pour participer, il suffit de se connecter sur le site (à l’aide de Facebook, Google+ ou LinkedIn) et de cliquer sur “contribuer au débat”.

Alors, les espadrilles, pour ou contre ?

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous contacter.

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