« Impossible de trouver une main-d’oeuvre landaise pour coudre à la main ! »

Petit atelier situé dans les Landes à ses origines, la marque Pare Gabia (« sans pareille » en langue basque) fait son apparition en 1950. Forte de sa créativité et de son savoir-faire, elle s’est hissée au rang de n°1 du marché avec 1,85 million d’euros de chiffre d’affaires prévu en 2012. Depuis l’année dernière, elle a rejoint le groupe Royer (marques Kickers, Converse, Ked’s…), leader de l’importation/distribution de chaussures en France avec 310 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Voici l’interview de Jacques Royer, président du Groupe Royer:

Quels sont les critères essentiels à la confection des «vraies» espadrilles ?Pare Gabia France
Il y a plusieurs modes de fabrication et différentes pratiques. Nos espadrilles sont fabriquées à partir de semelles de jute, tressées, qui n’ont ni pied droit ni pied gauche. Le procédé de fabrication et le produit final n’ont pas changé depuis les débuts de Pare Gabia en 1935. Aujourd’hui, la semelle peut être vulcanisée ou pas, c’est-à-dire complétée par une semelle de caoutchouc naturel entre la semelle et le sol. La tige, le dessus de l’espadrille, est fabriquée à partir de petite laize, une toile de 15 cm de large confectionnée uniquement pour faire les espadrilles, ce qui évite le bordage. Le fil est d’abord teinté dans nos coloris exclusifs puis tissé. Dans ce même bain est teinté le fil coton qui sert à la couture main pour l’assemblage du dessus et de la semelle de corde. Chez nous, l’espadrille traditionnelle est cousue à la main et on ajoute un nez sur le devant. Sans prétention, c’est vraiment ce qui se fait de mieux ! Avec une couture machine, si le fil se rompt, l’espadrille se découd…

Pourquoi fabriquez-vous vos espadrilles en Tunisie ?
Il faut savoir que nous vendons plusieurs milliers de modèles traditionnels par an. Malheureusement, nous avons été très vite confrontés, en raison de nos quantités, à la difficulté de trouver une main-d’oeuvre qui sache et qui souhaite encore coudre à la main ici, dans les Landes.

Comment gérez-vous la saisonnalité du produit ?
Nous proposons aussi des chaussures de ville avec des talons en corde. En ce moment, nous sommes sur des modèles compensés assez hauts avec du liberty ou des coloris à la mode : tous les roses jusqu’au fluo, des verts forts et lumineux, des bleus.
Nous avons développé une collection hiver de chaussures en cuir qui remporte depuis quelques saisons un succès assez intéressant. Nous essayons de devenir une marque de chaussures et d’accessoires à part entière. Et nous travaillons beaucoup sur l’export vers le Japon et l’Italie essentiellement, formidable relais
de croissance, qui représente 15% de nos ventes.

Quelles sont vos armes face à la concurrence étrangère ?
Nous avons su conserver notre savoir-faire depuis toutes ces années. Nous essayons d’être toujours plus créatifs, de repousser les limites de la corde et d’être cohérents par rapport à nos origines. Pour 2013, sans trop en dévoiler, nous allons confirmer notre retour aux sources, à l’authentique, avec de nouveaux coloris
et un style plus audacieux, toujours en nous appuyant sur nos fondamentaux.

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