La situation économique de Mauléon au XIXe siècle

L’espadrille s’est répandue à Mauléon et dans sa région au XIXe siècle, d’abord parce que c’était un produit peu coûteux, très facile à fabriquer, s’adaptant parfaitement aux besoins des usagers. La région connaissait alors une misère réelle. On doit, paraît-il, l’invention de la sandale à des miséreux, des déshérités, même des infirmes. Malgré leur infortune et poussés par le sens de l’honneur et de l’amour-propre, ils se voulaient utiles à la société, et ils mirent au point une chaussure facile à porter et bon marché.

« Un aveugle, Antoine Dulouis, froissé de passer pour une valeur non productive, aidé de Poulit et Oholéguy, les trois se mirent en quête de matières premières afin de fabriquer cette nouvelle chaussure, silencieuse, souple, valable pour tous les sports ou favorisant les entreprises secrètes des amoureux. » (Laplace, 1907)

La population de Mauléon ne voulait rien savoir du métier de sandalier qu’elle considérait comme dégradant autant pour l’homme  que pour la femme. A Garindein et dans la plaine de Menditte, les braconniers fabriquaient la sandale. Il s’agissait d’ailleurs d’une activité secondaire, la chasse et la pêche constituant l’essentiel de leurs occupations.

Entre 1830 et 1849, la fabrication de la sandale en est restée au stade artisanal. Le moulage de la semelle se fait à la main. La production est familiale et locale et ne sort pas du cadre villageois. Il faut attendre 1849 pour trouver la première mention du travail de sandalier. Il s’agit de l’acte de naissance de Bertrand Barneix, fils de Gratien Barneix, nommé fabricant de sandales.

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